SAPHIRE : renforcer la maîtrise de l’eau au service de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire au Sénégal

À Dakar, le séminaire de présentation de SAPHIRE a rappelé un enjeu majeur pour la vallée du fleuve Sénégal : doter la SAED et les acteurs publics d’outils fiables pour anticiper, piloter et sécuriser la ressource en eau au service de l’agriculture irriguée, de la résilience climatique et de la souveraineté alimentaire.

Le séminaire de présentation de SAPHIRE, organisé à l’hôtel Terrou-Bi de Dakar le 7 mai 2026 à l’initiative du MASAE (Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage) et de la SAED (Société nationale D’Aménagement et d’Exploitation des Terres du Delta de Fleuve Sénégal et des Vallées du Fleuve Sénégal et de la Falémé), a posé une question essentielle pour la SAED et pour le Sénégal : comment mieux anticiper, réguler et sécuriser l’eau dans une vallée où se joue une part importante de la souveraineté alimentaire nationale ? Dans un contexte de pression croissante sur la ressource hydrique, de variabilité hydrologique et d’exigences accrues en matière de performance des aménagements, la maîtrise de l’eau n’est plus seulement un enjeu technique ; la maîtrise de l’eau devient un enjeu stratégique de développement territorial, et de souveraineté nationale.

La SAED occupe, à cet égard, une place centrale. Son action couvre l’aménagement et l’exploitation des terres de la rive gauche du fleuve Sénégal, avec une mission claire : soutenir l’agriculture irriguée, accompagner les acteurs ruraux et contribuer à la réduction de la pauvreté par le développement agricole et la préservation de l’environnement. Cette responsabilité s’exerce sur un territoire vaste, structurant, et exposé à des défis multiples, où la disponibilité de l’eau conditionne directement la production, l’emploi et la stabilité des systèmes agricoles.

Les enjeux sont d’autant plus importants que la zone d’intervention de la SAED concentre à la fois des ressources, des usages et des attentes fortes. Le fleuve Sénégal et ses affluents constituent une ressource vitale pour des populations nombreuses, des périmètres irrigués stratégiques et plusieurs campagnes agricoles par an. Dans ce cadre, la question n’est pas uniquement celle de l’accès à l’eau, mais aussi celle de sa prévisibilité, de sa distribution équitable, de son efficacité d’usage et de sa sécurisation face aux aléas hydrologiques.

C’est précisément là que SAPHIRE prend tout son sens. Le projet répond au besoin de disposer de prévisions hydrologiques plus fiables, de données mieux intégrées et d’une capacité renforcée d’aide à la décision pour les services techniques et les gestionnaires de terrain. L’ambition est claire : transformer l’information hydrologique en outil de pilotage, afin d’anticiper les risques, de mieux organiser les campagnes agricoles et d’optimiser la gestion des ouvrages et des canaux.

Cette orientation rejoint directement les priorités de la Vision Sénégal 2050, qui place la sécurité alimentaire, la souveraineté hydrique et la résilience climatique au cœur du développement national. Dans cette perspective, la vallée du fleuve Sénégal apparaît comme un espace stratégique : à la fois pôle agricole, territoire d’investissement public et zone sensible face aux effets du changement climatique. Renforcer la capacité de la SAED à piloter l’eau dans ce territoire, c’est donc agir sur plusieurs leviers à la fois : production, emploi, aménagement, sécurité et résilience.

Les présentations de la journée ont également mis en évidence l’importance de mieux articuler les observations de terrain, les outils de télédétection et les besoins opérationnels des gestionnaires. Pour une institution comme la SAED et ses partenaires, l’OMVS, la DGPRE, la DGPI, l’OLAC, SenEau, cette convergence est déterminante car elle permet de passer d’une gestion essentiellement réactive à une gestion davantage anticipative, fondée sur des données, des alertes et des scénarios d’évolution de la ressource hydrique.

Au-delà de la dimension technique, SAPHIRE porte une ambition institutionnelle forte : contribuer à une gouvernance de l’eau plus souveraine, plus intégrée et plus performante. À l’heure où, dans un monde de plus en plus incertain sur le plan géopolitique et énergétique, les États doivent concilier sécurité alimentaire, adaptation climatique et efficacité des investissements publics, la capacité à prévoir et à piloter l’eau devient un marqueur de résilience nationale.

Le séminaire de Dakar a ainsi confirmé une priorité partagée : donner à la SAED et aux institutions sénégalaises les moyens de transformer l’incertitude hydrologique en capacité d’action. C’est dans cette perspective que SAPHIRE s’inscrit, comme une réponse concrète à un enjeu majeur de politique publique : faire de l’eau un levier de développement, de stabilité et de souveraineté pour le Sénégal.