Les stations virtuelles : au service de la performance du transport fluvial

Les stations virtuelles BWI contribuent à la compétitivité de la chaîne de valeur du transport fluvial, en fournissant des prévisions précises de débits et niveaux d’eau jusqu’à 10 jours à l’avance, sans installations physiques supplémentaires. Des régulateurs comme VNF et CNR aux bateliers, commissionnaires, chargeurs et gestionnaires de ports, chaque acteur bénéficie d’une optimisation concrète : calendriers d’éclusage affinés, chargements maximisés à 4400 tonnes sur Seine-Nord Europe, délais multimodaux fiables évitant des pénalités coûteuses, et throughput portuaire accru de 20%. Face aux basses eaux impactant 30% des convois sur le Rhône ou aux crues imprévues, les stations virtuelles exploitent données météo, télédétection et IA pour anticiper restrictions de gabarit et fluidifier la logistique. Résultat : réduction des interruptions, report modal vert (100 000 camions évités grâce aux axes fluviaux les plus importants), et compétitivité renforcée pour une filière plus résiliente aux aléas climatiques.

Les stations virtuelles, comme celles développées par BWI, fournissent des prévisions de débits et de niveaux d’eau sur les réseaux fluviaux sans nécessiter d’installations physiques supplémentaires. Les stations virtuelles exploitent les données existantes (stations hydrométriques, météo, télédétection) et entraînent des modèles hydrologiques renforcés par l’intelligence artificielle pour anticiper les variations des rivières et fiabiliser la navigabilité, la planification et la logistique. Les stations virtuelles hydrologiques s’adressent à l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur du transport fluvial : régulateurs (VNF, CNR), bateliers, commissionnaires de transport, chargeurs et gestionnaires de ports.

Les acteurs de la chaîne fluviale

La chaîne de valeur du transport fluvial en France repose sur des acteurs fortement interconnectés, qui doivent composer avec les aléas des niveaux d’eau.

  • Régulateurs (VNF, CNR) : gèrent les voies navigables, les ouvrages (barrages, écluses), le dragage et la signalisation pour assurer la sécurité, la continuité du service et la disponibilité du gabarit.
  • Bateliers : armateurs et exploitants de bateaux, responsables du transport effectif de la marchandise et de la sécurité de la navigation.
  • Commissionnaires de transport (ou transitaires) : orchestrateurs logistiques qui conçoivent et gèrent les chaînes multimodales, contractualisent avec les bateliers et coordonnent les flux avec route, rail et mer.
  • Chargeurs : industriels, logisticiens ou agriculteurs qui génèrent les flux de marchandises et choisissent le mode de transport en fonction du coût, de la fiabilité et de l’empreinte environnementale.
  • Gestionnaires de ports et terminaux : acteurs au cœur de l’intermodalité, responsables des escales, du transbordement, du stockage et du bon dimensionnement des infrastructures (quais, grues, accès routiers et ferroviaires).

Ce que gagnent les régulateurs

Les stations virtuelles permettent aux régulateurs comme VNF et CNR d’anticiper les niveaux d’eau et débits sur de nombreux tronçons, notamment à partir des prises d’eau naturelles, afin d’optimiser les calendriers d’éclusage, de dragage et de maintenance. En projetant plusieurs jours à l’avance l’apparition de basses eaux ou de crues, les statins virtuelles réduisent les interruptions de navigation et les restrictions de gabarit, notamment sur des axes sensibles comme le Rhône où les périodes de basses eaux affectent une part significative (ex. 30%) du trafic. Cette capacité d’anticipation renforce la conformité réglementaire (gestion des hauteurs navigables, sécurité des convois) et la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques.

Ce que gagnent les transporteurs

Pour les transporteurs, ou armateurs, les stations virtuelles sont un outil de pilotage économique autant que de sécurité. Les stations virtuelles permettent d’ajuster à l’avance le chargement respecter les exigences de tirant d’eau et de tirant d’air du trajet, et parfois même l’itinéraire en fonction des prévisions de clair sous-quille et de débit, évitant les blocages ou demi-tours coûteux. Sur des axes à grand gabarit comme la future Seine-Nord Europe, ces informations soutiennent des convois lourds (jusqu’à environ 4 400 tonnes) tout en maintenant une marge de sécurité, ce qui améliore le taux d’utilisation des bateaux et la rentabilité des rotations. La précision quasi temps-réel des prévisions réduit les risques opérationnels et contribue à une navigation plus sûre pour les équipages et les marchandises.

Ce que gagnent commissionnaires et chargeurs

Les commissionnaires de transport, ou transitaires, intègrent les prévisions issues des stations virtuelles dans leurs outils de planification multimodale pour construire des schémas logistiques robustes, avec des horaires et itinéraires adaptés aux conditions hydrologiques à venir. En réduisant le risque de convois bloqués ou retardés, ils limitent les pénalités contractuelles qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par voyage et sécurisent la promesse de délais vis-à-vis de leurs clients.

Les chargeurs, de leur côté, bénéficient d’une visibilité accrue pour organiser leur production, leurs stocks et leurs fenêtres de chargement/déchargement, ce qui rend le fluvial plus compétitif face à la route. En sécurisant le service fluvial, les stations virtuelles facilitent le report modal, réduisant à grande échelle le nombre de camions sur les routes et les émissions associées.

Ce que gagnent les gestionnaires de ports fluviaux

Pour les ports et terminaux fluviaux, les stations virtuelles sont un levier puissant d’optimisation opérationnelle. Les stations virtuelles fournissent des prévisions de niveaux d’eau et de débits permettant de caler les horaires d’accostage, de transbordement et de manutention en fonction des fenêtres les plus favorables, réduisant les temps d’attente en rade ou à quai. Sur des hubs comme ceux de l’axe Seine ou du Rhône, ces informations aident à anticiper les restrictions de tirant d’eau, à ajuster le placement des navires et l’utilisation des grues sur des dizaines voire des centaines de tronçons connectés.

En combinant prévisions hydrologiques et gestion de flux, les gestionnaires de ports fluviaux peuvent mieux coordonner les interfaces fluvial–rail–route, prévenir les engorgements et augmenter le débit de marchandises transitant par leurs installations, avec des gains pouvant atteindre autour de 20% sur certains axes très contraints. La diminution des escales prolongées, dont le coût quotidien peut être élevé, améliore directement la performance économique des terminaux, tandis que des systèmes d’alertes précoces configurables, adossés aux stations virtuelles, permettent de prioriser les convois stratégiques.

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Face à la multiplication des épisodes de basses eaux et de crues, les stations virtuelles deviennent un élément clé de la digitalisation des routes fluviales : les stations virtuelles transforment un milieu soumis aux aléas en une infrastructure logistique pilotable par la donnée. En rendant le transport fluvial plus prévisible, plus fiable et plus intégré aux chaînes multimodales, les stations virtuelles renforcent la compétitivité globale de la filière et accélèrent le report modal vers un transport de marchandises bas-carbone.